Aujourd’hui, cela fait déjà trois semaines que nous avons laissé derrière nous le quotidien d’une vie en studio avec des horaires calibrés par les contraintes de la société. Nous avons pris nos marques dans le petit chalet que nous allons occuper jusqu’à la fin du mois de juin et nous en profitons pour nous réajuster au niveau des affaires que nous avons emportées avec nous. En effet, je me suis rendue compte qu’il y avait plein de choses que je considérais comme absolument indispensables alors que je ne les ai même pas sorties des caisses. Ce n’est pas si simple que cela d’apprendre à faire du vide (hihihi). Mais aujourd’hui, je voulais surtout répondre à cette question que l’on m’a posée il y a peu de temps « Et alors ? Ce changement de vie ? ».

Partant du principe qu’avec le chat nous sommes trois à mener cette vie nomade, il y a donc eu trois manières différentes d’appréhender tous ces changements.

Syrius Restititus

En fait nous nous inquiétions un peu (beaucoup même) au sujet de son adaptation. Il faut savoir qu’il a été jeté par-dessus le mur d’un jardin alors qu’il ne devait même pas avoir un mois. Il avait été nourri au biberon et pas du tout éduqué par sa mère et lorsque nous l’avons récupéré, il commençait tout juste la nourriture solide, était assez téméraire et avait de l’énergie à revendre (surtout la nuit d’ailleurs) au point que nous ne pouvions pas le garder dans la même pièce que nous si nous voulions dormir.

Pas agressif mais très bagarreur, il ne loupait jamais l’occasion de nous faire des coups en traître mais cela ne l’empêchait pas d’avoir un gros besoin de câlins et de papouilles. Le laisser seul était un véritable crève-cœur et lorsque ça arrivait on l’entendait braillait du bout de la rue, une catastrophe pour les voisins. Au final nous nous sommes rendus compte (j’en ai déjà parlé ) qu’il adore la voiture et regarder le paysage.

De plus c’est un explorateur-né, au lieu de se planquer sous un meuble ou dans un petit coin le temps que tout se calme, il va partout, renifle et surtout il cause, miaule, roucoule, tout son vocabulaire y passe. Lorsqu’il a découvert le parc autour du gîte, il est devenu fou de joie. Il court, grimpe aux arbres et va vers tous les chats qu’il rencontre. Il est hyper sociable quitte à tomber sur un matou mal-luné, mais il apprend et l’expérience aidant, il devient un peu plus circonspect lorsqu’il rencontre un inconnu (hihihi).

Actuellement il a son petit rythme de vie, il sort tous les matins à partir de 6h30/7h et la durée dépend de son humeur. Cela quel que soit le temps car la pluie ne le dérange absolument pas. L’après-midi il dort et recommence à sortir toute la soirée. La nuit il dort avec nous et lorsqu’on sort, plus de miaulements à fendre l’âme, il surveille la maison…

Chéri-bibi

Avant toute chose (et pour ceux qui ne le connaissent pas) vous devez savoir que mon zhom est tout sauf un explorateur. Avant que je débarque dans son existence, il avait une petite vie tranquille avec ses chats et ses ordinateurs. Il se voyait finir ses jours dans son 80 m2 parisien et il adorait sa vie citadine entre high-tech, cinéma et restos chinois à gogo.

Depuis que je suis avec lui, nous avons déménagé un certain nombre de fois (8), nous avons vécu à Paris, en Guadeloupe, en Bourgogne, dans le Var et pas loin de Marseille. Nous avons renouvelé notre mobilier autant de fois que nous avons changé de logement et il y a deux ans, alors que nous arrivions à Martigues, il m’avait bien précisé que maintenant c’était fini, il ne bougerait plus et cela sous quelques prétextes que ce soit…

Mais, un jour, alors que nous parlions de notre situation et que (comme cela arrive souvent) j’évoquais en riant la possibilité de vivre véritablement « en vacances » et sans attaches matérielles ou géographiques, Chéri-bibi m’a prise au mot et m’a tout simplement dit « Allons-y ! Le temps de tout régler et nous nous lançons dans l’aventure !!! ».

Aujourd’hui, il est comme un poisson dans l’eau. Aucun regret, il adore notre nouvelle façon de vivre intensément, il est si heureux que son « œil » photographique est de nouveau grand ouvert et à l’affût de tout ce qui l’entoure. Il se ressource, se retrouve en phase avec lui-même et la sérénité qu’il avait un peu perdue il y a deux ans après notre aventure varoise est revenue. C’est là que l’on peut voir qu’un événement qui parait négatif sur le coup, se révèle finalement positif sur le long terme.

Moi

Comme vous l’aurez aisément deviné, je suis celle qui adore bouger et voir de nouveaux paysages. Je me suis toujours dit que cette attirance que j’avais pour les destinations lointaines, me venaient de mes ancêtres réunionnais. Ceux qui, volontaires ou contraints, avaient tout laissé derrière eux pour s’embarquer vers une île inconnue et totalement déserte afin de se créer un avenir meilleur (ou pas). Moi qui suis passionnée de généalogie et de psychogénéalogie, je suis persuadée que leur sang coule encore dans les veines d’une partie des membres de notre grande famille et je fais partie de ceux-là.

En revanche mon côté « raisonnable » ne se gêne pas pour exprimer ce qu’il ressent d’une manière ou d’une autre et c’est même pour cela que nous nous complétons si bien avec Chéri-bibi car il est l’incarnation parfaite de la personne ayant les pieds sur terre et non pas la tête dans les nuages. Donc je rêve, j’imagine, je tire des plans sur la comète et lui, il dit Non ! Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Toutefois, de temps en temps, je ne sais pas ce qui lui passe par la tête et il dit Oui ! Et voilà comment on se retrouve au milieu d’un déménagement ou d’un changement radical de vie…

Pour le coup, j’ai tellement été surprise de son enthousiasme que j’en suis restée tétanisée et sidérée, dans l’impossibilité totale de me synchroniser avec les événements. Résultat, je commence tout juste à m’approprier ce nouveau style d’existence alors que les deux autres ostrogoths s’y prélassent comme dans un jacuzzi bien chaud et bouillonnant depuis longtemps.

Bien que j’apprécie à fond les balades, les visites et le calme de la campagne environnante, je ne peux empêcher cette petite voix désagréable de me dire « C’est bien, mais qui d’autre vit comme cela ? » ou « Voyons, à votre âge … » et plein d’autres choses encore.

En psychologie ou développement personnel, on appelle ce phénomène des freins ou des croyances limitantes. Ce sont des restes de notre éducation et de notre histoire qui nous empêchent de vivre ce que l’on voudrait être. Heureusement je le sais. Je travaille dessus à fond et en toute conscience et surtout j’apprends à vivre dans le Présent car chaque seconde que l’on passe est quand même le plus beau cadeau de la vie.

Pour conclure, je dirai donc ceci : ce n’est pas toujours simple de réussir à s’adapter à un changement radical de vie, même et surtout lorsque c’est un rêve de toujours car la société dans laquelle nous avons grandi, a plutôt tendance à nous apprendre à fermer les portes de nos cages plutôt qu’à les ouvrir en grand. En revanche, une fois que l’on ose faire le premier pas (même s’il n’est pas évident) le reste du chemin va se faire naturellement et au rythme de chacun…

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