Nous étions partis pour Palhers afin de pouvoir y admirer l’ancienne Commanderie des Chevaliers du Temple mais Chéri-bibi ayant été refroidi dans son élan par des chiens en liberté plutôt territorialistes, nous sommes remontés dans la voiture pour partir un peu au hasard explorer les environs. Il aura suffi d’une petite route au milieu d’un paysage sublime et d’un panneau de direction pour que je me retrouve citadine au milieu des brebis.

Imaginez une mignonne petite route qui, sur un kilomètre, traverse un panorama de prairies et de vallons avec différentes nuances de verts plus ou moins tendres. Un véritable aimant pour l’œil photographique de mon zhom. Il ne tient plus en place et attend avec impatience de pouvoir se garer dans le petit village dont nous venons de voir le panneau un peu plus tôt : Saint-Bonnet-de-Chirac. Pris dans son élan, il se gare sur une petite place, à côté de plusieurs autres véhicules, attrape son appareil et fonce apprivoiser la lumière à l’aide de son objectif.

Mais où sommes-nous ? Il y a qu’une seule route, celle par laquelle nous sommes arrivés. Et la place me fait plutôt penser à une grande cour, nous sommes dans une ferme ? Pourtant il y a beaucoup de bâtiments et de maisons. Des enfants jouent, il y a quelques chiens attachés ou non, des ouvriers, alors village ou ferme ?

Heureusement une femme sort de l’un des bâtiments et va gentiment me donner toutes les réponses. Elle s’appelle Barbara et avec son mari, David, ils louent toute la structure au Lycée Agricole Terre Nouvelle de Marvejols. En fait nous sommes dans la cour de leur ferme d’élevage, qui se trouve également être le vieux village de Saint-Bonnet-de-Chirac. Nous sommes à la GAEC des Bleuets !!!

Barbara et David élèvent des brebis dont le lait est envoyé à la coopérative afin de servir à la fabrication d’un fromage bien connu de tous : le roquefort. Ils possèdent également un troupeau de vaches laitières dont le lait leur permet de fabriquer leur propre fromage au lait cru et à la pâte persillée : le bleuet. Ils font aussi de la confiture de lait.

Pendant que nous faisons une petite dégustation et que nous parlons photos et blog, elle nous explique que ça va être l’heure de la traite et que si nous le voulons, nous pouvons venir voir comment ça se passe. Je pense que vous avez déjà deviné notre réponse : nous ne nous le sommes pas fait dire deux fois et c’est ainsi que la citadine que je suis s’est retrouvée au milieu des 240 brebis de leur élevage.

Durant ces deux heures (je crois que j’ai un peu ralenti le rythme de mon hôtesse), j’ai appris à placer correctement une trayeuse, à vérifier qu’il n’y avait plus lait dans les mamelles car si ce n’est pas fait correctement il pourrait y avoir une infection (comme pour nous d’ailleurs), à vérifier si justement il n’y a pas de boule dure ou d’abcès qui signalerait un problème et surtout à apprécier leur douce chaleur.

La traite se fait toute les douze heures donc ici à quatre heures et seize heures pour les brebis et six heures et dix-huit heures pour les vaches. Les animaux connaissent l’heure et il ne faut pas les faire attendre. En plus, contrairement à ce que l’on peut penser depuis l’histoire des moutons de Panurge, elles ont chacune leur caractère et Barbara les connait bien. Certaines sont peureuses, d’autres chatouilleuses sans oublier les calmes et expérimentées. Ce qui est sûr, c’est qu’elles ont bien compris le système et savent exactement où et comment s’installer pour que nous puissions installer les trayeuses et pendant ce temps, elles en profitent pour manger leur ration de granulés qui vient en complément du foin et de l’herbe des prés.

Nous avons vu la citerne dans laquelle le lait chaud et crémeux est descendu rapidement à une température beaucoup plus adéquate pour sa conservation ainsi que tout le système de filtration et de nettoyage afin qu’aucune mauvaise bactérie puisse se développer mais qu’en revanche les bonnes soient préservées. Grâce à Barbara et aussi à ses petits garçons qui sont déjà volontaires pour venir aider leur maman au milieu de leurs jeux, nous avons appris des tas de choses sur la vie à la ferme.

En plus, sur ses conseils, nous sommes ensuite allés rejoindre son mari, David, qui s’occupait de la traite des vaches. Bon, je précise de suite qu’il n’était pas question de faire comme avec les brebis car même si les vaches sont sympas, elles ne font pas la même taille que leurs consœurs et je veux bien être courageuse mais je ne suis pas du tout téméraire en revanche je n’ai eu aucun problème pour faire connaissance avec les veaux et j’ai adoré leur façon de me téter les doigts recouverts du lait bien chaud de leur maman.

Vous ne serez pas surpris si je vous annonce que hier soir nous avons fait un repas fromage et je peux vous dire que le bleuet de la GAEC des Bleuets est une tuerie, 4€20 particulièrement bien investis et si vous en voulez n’hésitez pas car il suffit de vous rendre à Saint-Bonnet-de-Chirac à l’heure de la traite (environ 17 heures) ou dans les marchés des environs…

3 réponses à UNE CITADINE AU MILIEU DES BREBIS

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