Cela faisait un moment que ses deux flèches nous faisaient de l’œil sur la ligne d’horizon du ciel normand et finalement, nous avons profité d’une après-midi un peu plus calme pour aller à la découverte de ce bijou de l’architecture gothique : la cathédrale Notre-Dame de Sées (ou Séez).

Qui pourrait imaginer en levant les yeux sur l’immensité majestueuse de cet ensemble gothique normand, qu’il a fallu des siècles de ténacité et de persévérance pour que nous puissions l’admirer aujourd’hui. En effet, Notre-Dame de Sées est un symbole de résilience et de reconstruction sans pareil, je crois que si l’architecture avait une âme, on pourrait même parler d’elle comme d’une survivante !

Vous pensez que j’exagère ? Alors écoutez donc un peu l’histoire que je vais vous raconter et vous verrez par vous-même qu’une cathédrale, aussi imposante soit-elle, peut-être fragile et vulnérable…

En l’an 440 commence la construction d’une première cathédrale sous l’égide de l’évêque Saint Latuin, les invasions normandes auront raison d’elle. Un second édifice verra le jour au même endroit et subit à peu de choses près le même sort cruel.

Peu importe, à l’époque la foi soulevait les montagnes ainsi que les masses des tailleurs de pierre. Un nouvel évêque (Azon 986-1006) se remet à l’ouvrage, offrant ainsi à la petite ville sa troisième cathédrale. Oups ! L’un de ses successeurs, Yves de Bellême (mais non je ne suis pas une balance) y met le feu par inadvertance. Pour sa défense, il faut quand même préciser que des pillards installés dans la place, utilisaient ce lieu consacré comme repaire de voleurs, écurie et lupanar. Indélogeables, le bon évêque aurait voulu les enfumer en mettant le feu à certaines maisons alentour (solution des plus discutables j’en conviens mais nous n’étions pas là). Quoiqu’il en soit, les bandits furent délogés et la cathédrale reconstruite une quatrième fois en 1126 par Yves de Bellême qui dut se débrouiller pour trouver les fonds en pénitence de sa faute.

1174, de multiples batailles opposent Henri II et Louis VII. Notre cathédrale en sera l’une des victimes en étant une nouvelle fois livrée aux flammes. Quand je vous dis qu’elle est une survivante, vous voyez bien que je ne vous raconte pas d’histoires…

En 1210 commence la construction de la cinquième et dernière cathédrale qui sera consacrée en 1310. Malheureusement, le manque de moyens financiers pousse l’architecte a négliger quelque peu les fondations. La guerre de Cent ans et les guerres de religions ne l’épargneront pas et la révolution laissera également sa marque. Heureusement, l’église et de nombreux architectes vont se poser à son chevet durant deux siècles afin de la consolider, la rénover et reconstruire les parties les plus durement touchées et c’est grâce à eux que nous pouvons aujourd’hui admirer ce monument intact et impressionnant que représente la cathédrale de Notre-Dame de Sées.

 

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