Le château de ST-SATURNIN

Le fait de vivre avec un accro de la photographie a plein d’avantages mais aussi certains inconvénients. Par exemple, vous vous promenez tranquillement au milieu d’un paysage magnifique, il faut absolument qu’il prenne des photos et lorsqu’il revient près de vous afin de vous montrer le résultat, il vous dit qu’il y a un sublime château médiéval là-bas, tout en bas et qu’il faut absolument (et oui avec un photographe c’est un mot qui revient souvent) le voir de plus près. Donc vous devez trouver la bonne route pour qu’il puisse s’y rendre, la plupart du temps, il suffit de suivre son intuition et, pourquoi pas, les panneaux de signalisation. Le château trouvé, pendant que vous vous promenez, l’amour de votre vie va s’en donner à cœur joie et cela jusqu’au retour à la maison où, dépité, il va râler car il y a une trace de doigt sur l’objectif ce qui inclue une trace de doigt sur chacune des photos qu’il a faites. Il met tout dans la corbeille et pendant des jours il va vous dire qu’il faut absolument (encore) retourner faire les mêmes photos mais ce coup-ci avec la bonne lumière, à la bonne heure, etc. Finalement le jour tant attendu est enfin arrivé et hier nous sommes retournés voir Saint-Saturnin et son château.

Tout petit village avec moins de 70 habitants, Saint-Saturnin mérite largement le détour pour s’y rendre que ce soit par son patrimoine ou son histoire. Le château dont la première partie a été construite au 13éme siècle est en cours de restauration et est une propriété privée, mais en vous asseyant sur le banc qui se trouve sous la croix en pierre du village, vous pourrez imaginer, comme je l’ai fait, la vie comme elle devait l’être au temps de ses premiers occupants.

Deux légendes m’ont particulièrement marquée :

  • Il y a très longtemps, un seigneur réputé pour sa cruauté régnait sur ses terres. Il exigeait que tous ceux qui passaient devant son portail retirent leur chapeau afin de le saluer. Malheureusement, un jour trois voyageurs ne connaissant pas la règle passèrent leur chemin sans se plier à cette habitude et furent aussitôt capturés et jetés au cachot. Le seigneur de l’époque ne voulant avoir à les nourrir leur proposa le marché suivant, ils pourraient partir librement s’ils dansaient de la porte de leur cachot jusqu’à la sortie de la forteresse. Heureux de s’en sortir à si bon compte, ils acceptèrent de suite la proposition qui leur été faite, mais ils ne s’attendaient pas aux conditions cruelles de cette danse. Pieds nus, ils eurent les yeux bandés avant de pouvoir quitté leur cellule, entre-temps les pierres du sol et des murs des couloirs avaient été chauffés à blanc par les gardiens et ce fut ainsi qu’ils durent trouver la sortir de ce labyrinthe, respirant un air suffoquant, se brûlant la plante des pieds et se cognant contre les murs. S’ils ont réussi à survivre à un tel traitement je ne le sais pas mais ce qui est certain c’est que sans les soldats qui finirent pas les jeter devant la lourde porte du château, ils ne seraient jamais arrivés à l’extérieur.
  • Quelques siècles plus tard, le dernier comte descendant de cette famille, devenu totalement fou après le décès de sa fiancée par sa faute, dormait sous un linceul et passait son temps à transporter des sacs de pierres sur la montagne entièrement vêtu de deuil. Il écrivit de son sang mélangé à de l’encre sa propre messe funéraire et vécu comme un gueux jusqu’à sa mort. Sa tombe est toujours visible à la droite de la porte de la petite église du village. Celle-ci a été restaurée en 87/88 et le fait d’enlever le crépi a permis de mettre à jour les trous de Boulins qui servaient à tenir les pièces d’échafaudage ayant servi à sa construction, ainsi que des peintures murales et des décorations datant de différentes époques.

Le tour du village vous permettra d’admirer ses fontaines, abreuvoirs, lavoirs ainsi que son four à pain et juste à côté de celui-ci son ferrandou qui permettait d’y attacher le bétail afin de pouvoir s’occuper de la corne de leurs sabots. Vous verrez encore parfaitement l’emplacement qui servait à posait leurs pattes en toute sécurité.

Nous nous sommes régalés, et même moi qui ne suis pas nécessairement photographe, j’ai dû reconnaître que le changement de lumière nous a présenté ces trésors d’une autre manière…

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